The Flash Player and a browser with Javascript support are needed..
Il fait chaud, la poussière est là. Mes yeux sont collés aux vitres de la voiture et sollicités de tous côtés. Klaxons, charrettes tirées par des ânes, hommes assis sur des nattes prenant le thé, étales de raisin et d’abricots, abondance de melons géants, militaires camouflés.
Les routes et les journées peuvent être longues en Afghanistan. La lumière y est très particulière. Tout est clair. Les regards aussi, magnétiques. La fierté et le courage se lisent sur le visage du peuple afghan. J’aime l’authenticité de ces hommes qui rient au lieu de pleurer sur leur sort, et s’attachent plus au cœur qu’à l’apparence. Leur foi les rend imprévisibles et leur grandeur d’âme indestructibles. Toute la colère silencieuse accumulée depuis des années les a rendus encore plus redoutables.
Les nuits sont courtes, emplies d’aboiements tardifs de chiens et de pleurs d’enfants matinaux. L’air est bon et frais, faisant presque oublier que ce pays est encore en guerre, que des gens souffrent. Quelques carcasses de chars russes rouillés au milieu du torrent plombent le fond de la vallée et ne bougeront plus avant la prochaine fonte des neiges. Les check points de succèdent et la route monte encore. Un premier tunnel, un deuxième, 3 300 mètres d’altitude et puis la descente vers la vallée. La terre aride des montagnes cède enfin la place à de vastes espaces verts, royaume des dromadaires, troupeau de moutons et de chèvres.
Les chemins sont souvent chaotiques et poussiéreux en Afghanistan, mais sans être trop pressé, il est facile de s’arrêter pour profiter de la beauté sauvage de ses visages et de ses paysages.