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Laure est infirmière libérale exerçant à Paris. Je l’ai suivie durant sa tournée dans une maison de retraite du 18ème arrondissement. Mon objectif est de présenter la liaison qui peut s’établir entre les patients et l’infirmière. Tenter de montrer qu’il ne s’agit pas d’une simple relation limitée à des rapports de soin (relatif à l’état de santé du patient), mais d’une véritable relation humaine où se mêlent émotion, sensibilité et contacts physiques. Présenter cet attachement affectif, voire amical, qu’elle peut entretenir avec « ses » patients. En d’autres termes, j’ai essayé de démonter le mythe de l’infirmière « faiseuse de piqûres » pour donner à voir cette complicité, cette confiance qui s’instaure au fil du temps entre l’infirmière et les personnes âgées.
Vieillir est parfois dur à accepter, surtout si la maladie vient s’y rajouter. Laure accompagne ces personnes dans leur « vieillure » comme elle appelle ça. C’est aussi pour cela que j’ai voulu saisir ces situations et sentiments qui ont du mal à se penser et à s’avouer avec des mots. Pour ne pas enfermer l’infirmière dans son rôle de soignante en la limitant à sa simple définition de « personne habilitée à assurer la surveillance des malades et à les soigner sur prescription médicale » mais présenter son travail comme un lien social et humain nécessaire aux personnes dont elle s’occupe en leur faisant s’accepter un peu plus tel qu’elles sont.