les Pomaks de Bulgarie

Les Pomaks, minorité ignorée de Bulgarie

Sur les collines calmes des Rhodopes et du Grand Balkan plus au nord, se profilent de petits villages reculés, repérables au loin par leurs minarets effilés. Des villages peuplés de Pomaks pour la plupart. Islamisés sous l’Empire ottoman, ces Bulgares de confession musulmane possèdent leur propre identité, avec des traditions encore très présentes.

A la suite de l’indépendance de la Bulgarie, en 1878, les autorités ont cherché à « rebulgariser » ces populations, notamment en les forçant à changer leurs noms. Les campagnes de bulgarisation des années 1960 et 1970 furent particulièrement violentes. De ces actions humiliantes, restent aujourd’hui encore des souvenirs douloureux et un sentiment d’exclusion face à une opinion publique méprisante et de plus en plus nationaliste, qui assimile souvent les Pomaks à un peuple moyenâgeux, manipulé par des extrémistes musulmans turcs et arabes.

Dans ce pays de l’Union européenne où vit la plus forte minorité musulmane (estimée entre 13 et 15%), la peur de l’islamisme radical, souvent récupérée à des fins politiques, est importante. En réalité, il s’agit surtout d’hommes et de femmes en recherche de repères identitaires après une longue période communiste où tout signe religieux était étouffé.

Texte: Laure de Gonneville